
Chalet Les Cerises à Cordon : notre parenthèse face au Mont-Blanc
SOMMAIRE
Chalet Les Cerises à Cordon : notre parenthèse face au Mont-Blanc
Le luxe de recevoir
À Cordon, face au Mont-Blanc, Laurent et Agnès Nodenot ont imaginé bien plus qu’un chalet. Une maison où chaque séjour devient une succession d’expériences pensées avec une infinie délicatesse. Une parenthèse où le luxe ne se mesure jamais à l’exception d’un lieu, mais à l’attention portée à ceux qui le traversent.
Il existe des maisons dont on se souvient longtemps après avoir oublié le chemin qui y mène.
Pendant longtemps, j’ai pensé que les plus beaux voyages étaient ceux qui nous conduisaient vers des paysages extraordinaires. Avec le temps, j’ai compris qu’ils tenaient moins aux lieux qu’aux personnes qui les habitent.
Car si les montagnes, les villes ou les rivages finissent parfois par se confondre dans nos souvenirs, certaines rencontres, elles, continuent de nous accompagner longtemps après le retour. Elles donnent une âme aux maisons. Elles transforment un simple séjour en un souvenir de vie.
Au cœur de l’été, nous avons quitté la chaleur écrasante de notre Provence pour rejoindre les Alpes françaises.
Direction Cordon, un village de Haute-Savoie suspendu face au Mont-Blanc, que l’on surnomme avec justesse le balcon du Mont-Blanc. Ici, les sommets semblent faire partie du quotidien. Les habitants les regardent avec la même simplicité que nous contemplons, chez nous, les vignes ou les oliviers.
Nous étions venus chercher un peu de fraîcheur. Quelques jours ensemble. Le temps de célébrer les vingt ans de notre fille aînée.
Nous pensions découvrir un chalet.
Nous allions surtout rencontrer deux personnes.
Laurent et Agnès Nodenot.
Et comprendre, sans l’avoir anticipé, que le véritable luxe n’a finalement que très peu à voir avec les lieux.
Le Chalet Les Cerises, une maison qui raconte ceux qui l’habitent
Les grandes terrasses ouvertes sur les sommets.
Les quatre suites où le vieux bois dialogue avec une décoration contemporaine d’une grande douceur.
Le jacuzzi extérieur qui invite à contempler le Mont-Blanc jusqu’à la tombée de la nuit.
Le home cinéma.
Le sauna.
Les espaces pensés pour ralentir.
Tout est là.
Et pourtant…
Très vite, on oublie le chalet.
Parce que tout ramène à ceux qui lui donnent son âme.
Laurent possède cette générosité spontanée des personnes qui aiment profondément recevoir. Il accueille sans protocole. Sans mise en scène.
Avec cette simplicité désarmante qui fait immédiatement tomber les barrières.
À ses côtés, Agnès compose une présence plus silencieuse. Plus discrète.
Mais tout aussi essentielle.
Ils semblent former un équilibre parfait.
L’un rassemble.
L’autre apaise.
L’un fait naître les grandes tablées.
L’autre ouvre des espaces de silence.
Deux façons d’accueillir.
Deux façons de prendre soin.
Une même philosophie.
Ici, on ne séjourne pas dans un chalet.
On est reçu dans une maison.
Le luxe de ralentir
Les premières heures donnent immédiatement le ton.
Personne ne nous parle de programme.
Encore moins d’activités.
Laurent nous invite simplement à vivre le chalet comme si nous étions chez nous.
Prendre un café sur la terrasse.
S’installer dans le jacuzzi pendant que les nuages glissent doucement devant le Mont-Blanc.
Regarder un film en famille dans le home cinéma.
Lire quelques pages d’un livre sans regarder l’heure.
Observer les enfants rire.
Ne rien faire.
Et découvrir que ce « rien » est peut-être devenu le plus précieux de nos luxes.
Depuis quelques années, nos voyages ressemblent de moins en moins à des courses contre la montre. Nous ne cherchons plus à cocher des destinations.
Nous cherchons des lieux qui nous donnent envie de rester. Le Chalet Les Cerises appartient à cette catégorie. Il réconcilie avec une idée presque oubliée du voyage. Celle où l’on n’a rien à prouver. Rien à montrer.
Simplement le droit d’être ensemble.
Le silence comme un luxe
À côté des grandes tablées et des éclats de rire existe une autre facette du Chalet Les Cerises.
Plus discrète.
Plus intérieure.
Dès le lendemain de notre arrivée, Laurent nous propose de vivre une expérience imaginée avec Agnès. Un voyage sonore au son des bols tibétains.
Nous les suivons jusqu’à une pièce entièrement habillée de bois, baignée d’une douce pénombre. Quelques tatamis. Des coussins. Deux mandalas suspendus aux murs. L’espace invite naturellement au calme.
Nous nous allongeons.
Les lumières s’effacent peu à peu.
Puis le premier son résonne.
Impossible d’expliquer réellement ce qui se produit ensuite.
Les vibrations semblent traverser le corps avant même d’atteindre les oreilles. Elles circulent, s’éloignent, reviennent, comme si elles dessinaient un paysage invisible.
Le temps disparaît.
Les pensées ralentissent.
On cesse progressivement de vouloir comprendre.
On accueille simplement ce qui vient.
Agnès accompagne ce moment avec une infinie pudeur. Elle ne guide pas une méditation au sens où on l’entend habituellement. Elle ouvre un espace. Un temps suspendu où chacun est libre de vivre sa propre expérience.
Certains parleront de voyage sonore.
D’autres d’un soin énergétique.
Pour ma part, je préfère conserver le souvenir d’un instant profondément apaisant, dont les effets ont continué de m’accompagner bien après notre retour.
Ce soir-là, j’ai compris que Laurent et Agnès ne proposaient pas seulement un séjour.
Ils imaginent des expériences.
Et c’est précisément ce qui rend cette maison si singulière.
Une raclette d’été pour célébrer vingt ans de vie
Il y a des traditions auxquelles on ne déroge pas.
Chez nous, les anniversaires ont toujours le goût d’un gâteau au chocolat maison. Celui que je prépare depuis que mes filles sont toutes petites. La recette n’a jamais changé. C’est un rituel familial, presque un repère. Chaque année, il retrouve naturellement sa place au milieu de la table.
Pour les vingt ans de notre fille aînée, une autre évidence s’est imposée. Elle rêvait d’une raclette. Été comme hiver, c’est son plat préféré.
Lorsque nous en avons parlé à Laurent, il n’a pas cherché à nous convaincre qu’il existait une idée plus originale pour un dîner de juillet.
Il nous a simplement répondu, avec ce sourire qui le caractérise :
— Laissez-moi faire.
Le jour venu, il est monté jusqu’à 1 800 mètres d’altitude sélectionner lui-même les fromages auprès des producteurs locaux. Il est revenu avec une magnifique raclette traditionnelle, mais aussi une étonnante raclette à la truffe, absolument divine.
À cela s’ajoutait une superbe sélection de charcuteries artisanales de Haute-Savoie.
Pendant ce temps-là, les pommes de terre cuisaient déjà.
Nous avons simplement dressé la table en famille. Puis Laurent est arrivé, les bras chargés de plateaux généreusement garnis.
Nous n’avions plus qu’à nous asseoir. Face au Mont-Blanc.
Le soleil commençait doucement à disparaître derrière les reliefs.
Les appareils à raclette fumaient tranquillement.
Les grandes planches de charcuterie circulaient de main en main. Le fromage fondait lentement. Les conversations aussi.
Laurent est resté dîner avec nous. Comme si nous l’avions invité chez lui. Une scène aussi improbable que délicieuse.
Une soirée à l’image de notre fille.
Douce.
Simple.
Gourmande.
Entourée de ceux qu’elle aime.
Le gâteau au chocolat est arrivé en toute fin de repas.
Le même que je dévorais petite avec gourmandise.
Toujours aussi attendu.
Et sous le ciel d’été de Haute-Savoie, j’ai eu cette pensée.
Les plus beaux anniversaires sont peut-être simplement ceux où l’on prend enfin le temps d’être ensemble.
Quand une table devient un souvenir
Notre dernière soirée au Chalet Les Cerises avait un goût particulier.
Celui des derniers instants que l’on aimerait suspendre un peu plus longtemps.
Depuis plusieurs jours, Laurent préparait discrètement une surprise.
Autour de lui, il avait réuni ceux qui, comme lui, partagent le goût des belles choses faites avec le cœur.
Des artisans.
Des passionnés.
Des amis devenus complices.
Puis il m’a regardée avec un sourire.
« Pour la table, tu as carte blanche. »
Une confiance infiniment précieuse.
Celles et ceux qui aiment recevoir savent combien l’art de la table raconte une maison. Laurent l’avait parfaitement compris. En me laissant imaginer cette dernière soirée, il ne me confiait pas seulement une décoration. Il m’invitait à écrire, avec lui, le dernier chapitre de cette parenthèse alpine.
Très vite, une évidence s’est imposée.
Nous ne voulions pas créer une table spectaculaire.
Nous voulions raconter une maison.
Une table qui ressemble au Chalet Les Cerises.
Vivante.
Élégante.
Chaleureuse.
Nous avons volontairement laissé le bois apparent.
Aucune nappe.
La matière parlait d’elle-même.
La collection Hemisphere de Coquet, dont les lignes sculpturales semblaient avoir été imaginées pour dialoguer avec les reliefs alpins.
L’argenterie familiale, précieusement sortie des placards et ayant appartenu à la grand-mère d’Agnès.
Les serviettes du Chalet Les Cerises, discrètement estampillées.
Puis Isabelle, de La Montagne Couronnée, est arrivée avec ses fleurs.
Des hortensias immaculés.
Quelques graminées.
Des feuillages légers.
Rien de démonstratif.
Simplement une palette de blancs et de verts où chaque composition semblait avoir naturellement trouvé sa place.
Je crois que c’est ce que j’ai préféré.
Cette retenue.
Cette élégance silencieuse.
Aujourd’hui, le luxe ne réside plus dans l’accumulation. Il réside dans la justesse.
Chaque élément avait une raison d’être.
Chaque matière dialoguait avec les autres.
Le bois.
La porcelaine.
L’argent.
Le verre.
Les fleurs.
Puis Laurent nous a demandé de lever les yeux.
Au-dessus de nos têtes, les branches du grand noyer s’étaient transformées en un ciel suspendu. Des dizaines de bougies semblaient flotter dans les arbres.
À la tombée de la nuit, la montagne disparaissait doucement tandis que la lumière dessinait une atmosphère presque irréelle.
Pendant quelques secondes, personne ne parla.
Nous regardions simplement cette scène.
Comme si le temps venait de suspendre son cours.
Et c’est précisément ce que j’aime dans les plus belles tables.
Elles ne servent pas seulement à partager un repas.
Elles deviennent le décor de souvenirs qui resteront longtemps après que les assiettes auront été rangées.
Le luxe de l’attention
À l’heure dorée, Laurent disparaît discrètement en cuisine. Pendant que nous apportons les derniers ajustements à la table, il prépare le dîner avec la même concentration que celle d’un chef recevant des amis chez lui.
Quelques instants plus tard, il revient avec une série de cocktails imaginés spécialement pour nous. Avant notre arrivée, il avait pris le temps de demander à chacun quelles étaient ses préférences. Un détail. En apparence seulement.
Car c’est précisément dans ces attentions presque invisibles que se cache, selon moi, la véritable définition du luxe.
Être reçu dans un lieu magnifique est une chose.
Se sentir attendu en est une autre.
Chaque cocktail raconte cette attention portée à l’autre.
Chaque plat qui suivra aussi.
Laurent cuisine comme il reçoit.
Avec sincérité.
Sans démonstration.
Les saveurs de Haute-Savoie se succèdent naturellement, toujours accompagnées d’un mot, d’une anecdote, d’un sourire.
Autour de la table, les conversations s’animent.
Les verres se lèvent.
Les éclats de rire résonnent jusque dans la montagne.
À cet instant, je réalise que personne ne regarde son téléphone.
Personne ne pense à photographier ce qui se passe.
Nous sommes simplement en train de vivre ce moment.
Et c’est peut-être devenu la plus belle des raretés.
Puis la musique a pris le relais
Lorsque le dessert disparaît, la soirée pourrait doucement s’achever.
Mais Laurent n’avait pas dit son dernier mot.
Son fidèle complice, DJ Mika, prend place derrière les platines.
En quelques minutes, l’atmosphère change.
Les premières notes résonnent dans le chalet.
Les enfants entraînent les adultes.
Les adultes oublient leur âge.
Les générations se mélangent avec une simplicité désarmante.
Je regarde cette scène avec tendresse.
Quelques jours plus tôt, nous étions allongés dans le silence des bols tibétains. Nous voilà maintenant à danser, tous ensemble, dans un chalet face au Mont-Blanc. Cette succession d’émotions raconte parfaitement le Chalet Les Cerises.
Il y a un temps pour ralentir.
Un temps pour célébrer.
Et un temps pour rire jusqu’au bout de la nuit.
Laurent et Agnès semblent savoir instinctivement lequel offrir à leurs invités.
Le regard de
Madame C
Nous sommes venus à Cordon pour célébrer un anniversaire.
Nous sommes repartis avec une réflexion beaucoup plus profonde sur ce que signifie aujourd’hui le luxe.
Pendant longtemps, l’hôtellerie haut de gamme s’est définie par le nombre d’étoiles, la taille des chambres ou l’exception des prestations proposées.
Ces quelques jours passés au Chalet Les Cerises m’ont rappelé qu’il existe une autre définition.
Plus intime.
Plus sensible.
Plus profondément humaine.
Le luxe est peut-être simplement le sentiment d’être attendu. D’être écouté. D’être reçu avec suffisamment d’attention pour avoir l’impression que chaque détail a été imaginé pour vous.
Il est dans une raclette préparée avec les meilleurs producteurs de la vallée parce qu’une jeune femme rêve de fêter ses vingt ans autour de son plat préféré.
Il est dans un voyage sonore qui nous invite à nous reconnecter à nous-mêmes.
Il est dans une table dressée sous un noyer, où la beauté naît de la simplicité des matières et du talent des artisans qui les font dialoguer.
Il est dans un cocktail imaginé en pensant aux goûts de chacun.
Il est dans une conversation qui se prolonge après le dîner comme si vous retrouviez de vieux amis.
Je crois profondément que l’on ne se souvient jamais vraiment des lieux. On se souvient de la manière dont ils nous ont fait sentir.
Et si le Chalet Les Cerises reste aujourd’hui si présent dans nos mémoires, ce n’est pas uniquement parce que le Mont-Blanc s’invite à chaque fenêtre.
C’est parce que Laurent et Agnès ont fait de l’hospitalité un véritable art de vivre.
Ils ne proposent pas un séjour.
Ils créent des souvenirs.
Et c’est probablement la plus belle définition du luxe que nous ayons rencontrée ces dernières années.
Chalet les Cerises
Un soir d'été
sous le noyer
Les images de Laurent Nodenot,
Camille Marchal & Clémentine Marchal
Les Gorges de la Diosaz
Carnet d'adresses
du Chalet les Cerises
Parce qu’un voyage ne s’arrête jamais au seuil d’une maison, Laurent partage avec chacun de ses hôtes les adresses qui font battre le cœur de son territoire. Restaurants confidentiels, artisans, producteurs, balades, expériences bien-être, villages de caractère ou itinéraires de randonnée… Un carnet pensé avec la même générosité que celle qui guide son accueil.
Pour ce premier séjour, nous avons volontairement choisi de profiter pleinement du Chalet Les Cerises, avec seulement deux escapades : les spectaculaires Gorges de la Diosaz et une flânerie dans les ruelles de Megève. Le reste du temps, nous l’avons consacré à ce qui comptait vraiment : être ensemble. Une belle leçon de voyage, finalement.
Pour explorer davantage cette vallée que Laurent raconte avec tant de passion.
Retrouvez toutes les recommandations du Chalet Les Cerises ici :
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Crédit photos – @clementine.marchal © Laurent Nodenot & @camille_marchal_
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Rédactrice en chef depuis 19 ans, Clémentine Marchal, 48 ans, est également mariée depuis 22 ans et maman louve de deux filles. Elle vit en Provence non loin d'Avignon. Dans sa vie professionnelle, elle écrit, elle organise, elle coach. Ses projets sont à son image, pleine de vie et de bienveillance. Bienvenue chez Madame C. Un blogzine qui célèbre les mariages haut de gamme aux inspirations modernes et coutures.
